J’ai testé : le jeûne thérapeutique

Note : le contenu de cet article à caractère informatif n’a pour but que de relater une expérience personnelle et ne constitue en aucun cas une incitation à suivre le même programme. Il s’adresse à un public averti ; en ce sens, tout lecteur est seul responsable de ses actions et de leurs conséquences éventuelles.

Ayant écrit un article il y a quelques temps sur cet intriguant sujet, je me suis dis qu’il était temps de passer à la pratique. Bonnes résolutions, ressourcement, nouveau départ… quoi de mieux que le début d’une nouvelle année pour tenter l’expérience ?

Voici le résumé de cette première approche. J’y réunis le protocole suivi, ainsi que mes impressions et conclusions.


Préparatifs

Une fois la période définie, il faut maintenant choisir le type et la durée.
Novice en la matière, jeûner pendant 3 jours m’a semblé suffisant pour un début, tout en me permettant de ressentir les fameux bienfaits. A ces 3 jours s’ajoutent la reprise alimentaire, d’une durée égale à celle du jeûne ; donc ici 6 jours au total à prévoir au calme. J’ai préféré le jeûne hydrique (eau et tisanes uniquement) au jeûne Buchinger (eau, jus de fruits, et jus de bouillon) curieux d’en tester la difficulté, exception faite du citron pressé le matin (nombreux bienfaits que je détaillerai plus tard).

Une préparation physique est généralement conseillée une semaine avant le début du jeûne. Je me suis pour ma part contenté de réduire simplement les quantités ingérées, tout en évitant la viande et le repas du soir (que je prends rarement). Enfin, un jour avant le début du jeûne, j’ai avalé un demi-litre d’eau mélangé à 20g de sulfate de magnésium (détente musculaire et purge des intestins).


Le Jeûne

• 1er jour

Aucune sensation de faim ou de fatigue durant cette première journée. Consommant peu d’eau en temps normal, en boire plus d’un litre a été le seul effort consenti. En ce début de jeûne, je pèse 72 Kg, pour 18% de matière lipidique et 50% de matière hydrique (ce qui est peu en raison de ma trop faible consommation de liquides), selon les mesures de ma balance.

Au réveil
1 bol de gingembre infusé mélangé à un citron pressé
Quelques étirements et exercices physiques (pompes, crunchs et squats)

Durant la journée

Environs 1 litre d’eau consommé
Courses au marché, lecture, sieste, vidéos internet

Le soir

1 bol de gingembre infusé
Un peu d’écriture, film tv

• 2e jour

Très bonne nuit de sommeil, complète et étonnamment longue (10h environs). Je ressens un léger étourdissement en me levant, mais qui passe rapidement. Détail intéressant : les urines sont (très) foncées malgré la quantité d’eau avalée la veille, ce que j’assimile à une élimination importante de toxines. Pour le reste, toujours aucune sensation de faim, peut-être en raison de mes occupations… ? Quelques vertiges passagers font leur apparition le soir.

En ce 2e jour, je pèse 70,7 Kg, pour 17,8% de matière lipidique et 53% de matière hydrique.

Au réveil
1 bol de gingembre infusé mélangé à un citron pressé
Etirements et exercices physiques

Durant la journée

Environs 1 litre d’eau consommé
Promenade, sieste, lecture, méditation

Le soir

1 bol de gingembre infusé
Couché assez tôt (21h30-22h00)

• 3e jour

La nuit du 2e au 3e jour a été plutôt éprouvante, avec une grande difficulté à trouver le sommeil, ainsi que des réveils intempestifs. Une légère céphalée ainsi qu’une douleur aux mâchoires accompagnent mon réveil. Un état nauséeux s’installe doucement mais surement. Pas de doute : je suis en pleine crise d’acidose, caractéristique du fameux cap des 3 jours. Petite entorse au protocole : je bois un petit verre de jus de pomme (bio) ; je me sens mieux assez vite.

Une fois reposé et remis de ces effets indésirables, les bienfaits tant attendus font leur apparition en milieu de journée : une sensation intense de calme, clairvoyance ainsi qu’un formidable regain d’énergie font surface. Mes exercices physiques (que je prolonge) sont plus faciles à réaliser, je me sens tout léger et résistant. j’en profite alors pour me rendre au repas familial au cours duquel je prépare la reprise alimentaire en consommant mon premier bol de jus de bouillon (composé de : carottes, poireaux, courgettes, pommes de terre).

En ce 3e jour je pèse 69.8 Kg, pour 17% de matière lipidique et 57.5% de matière hydrique.

Au réveil
1 bol de gingembre infusé
Étirements/exercices physiques, plus intenses que d’habitude

Durant la journée

Environs 1 litre d’eau consommé
Quelques courses, promenade

Le soir

Bol de jus de bouillon


Reprise alimentaire

Elle doit se faire aussi progressivement que possible. Non seulement pour préserver les bienfaits du jeûne, mais aussi (et surtout) pour éviter toute complication physique ! En effet, durant le jeûne, les organes sont littéralement au repos – du fait de l’absence d’apports de matières solides à ingérer, transformer, transporter – alors que tout l’équilibre acido-basique du corps est chamboulé (l’absence d’apport glucidique est compensé par une transformation d’une partie de notre propre masse musculaire – c’est “l’autolyse”). Une rupture brutale de cette phase s’apparente à un stress majeur pouvant causer des réactions potentiellement néfastes tels que troubles gastriques et intestinaux.

Plusieurs diététiciens, ouvrages spécialisés et autres sites web proposent des menus détaillées de reprise alimentaire. Là encore j’ai choisi de faire très simple, en étant avant tout à l’écoute de mon corps, sans privations extrêmes, mais toujours en douceur et dans la continuité du jeûne.

J’ai donc commencé le 4e jour par consommer de petites quantités de fruits et jus de fruits dès le petit-déjeuner : 1 banane, 2 clémentines, un verre de jus de pommes. Au repas encore du bouillon, mais cette fois-ci en consommant les légumes (toujours sans sel ajouté).

Au 5e jour, même rituel au petit-déjeuner. A midi : du bouillon. Le soir : un peu de poulet accompagné de pommes de terre. Je tiens à préciser que la réintroduction de protéines animales aussi “vite” après la fin d’un jeûne ne semble pas conseillée par la plupart des sources que j’ai consulté. Mais bon… j’en sentais l’envie et cela ne me semblait pas vraiment extrême non plus…

Au 6e jour, j’ai réintroduis pain et fromage, en maintenant ma consommation de fruits et légumes.


Bilan et conclusions

Bien qu’imparfait et largement simpliste, le protocole suivi m’a apporté une entière satisfaction. Au vu de mon profil, certaines douleurs/lourdeurs (notamment lombaires) ont disparu, alors que je me sens plus énergique/enthousiaste, avec moins de cogitations.

Deux constats m’auront de plus particulièrement marqué :

  • l’étonnante réserve d’énergie dont je disposais en l’absence de tout apport solide
  • la redécouverte du goût des choses, avec une acuité accrue des sens. Les plats que j’avais l’habitude de consommer me paraissent maintenant largement trop riches en saveurs (surtout en sel !)

Mes envies semblent avoir changé, plus adaptées à mes besoins. La rupture que représente le jeûne alimentaire m’a apporté le recul nécessaire pour distinguer mes goûts réels de mes simples habitudes et réflexes. Par exemple, la quantité de sel que j’ajoutais aux plats me paraît désormais bien trop importante… le verre d’alcool que l’on m’a tendu en soirée (dès la fin de ma semaine de jeûne) m’a paru tout simplement imbuvable ! Véritable remise à zéro, je sens ainsi que mes goûts sont plus en accord avec mon organisme, acceptant ou rejetant les aliments en fonction de leurs qualités nutritives.

Je me sens désireux de maintenir “propres” mes entrailles, qui une fois épurées m’ont permis une clairvoyance agréable. Après tout, si la MTC m’a bien appris une choses, c’est la relation entre les plans physique et psychique !

Je compte par ailleurs garder pour habitudes :

  • jeûner un jour par semaine
  • consommer une quantité quotidienne suffisante d’eau, fruits, légumes
  • consommer moins de sel
  • tendre vers un régime végétarien

Les modifications que j’apporterais à ce protocole :

  • privilégier la saison du Printemps (temps du renouveau) en adéquation avec les 5 éléments, et plus propice que l’Hiver
  • passer moins de temps chez soi
  • se déconnecter d’avantage, dans la mesure du possible (internet, téléphone)

6 Comments on “J’ai testé : le jeûne thérapeutique

    • Bonjour Joelle 🙂 C’est assez subjectif mais dans mon cas, le confort de la maison (et le froid hivernal extérieur) m’a incité à me reposer plus que cela n’était nécessaire. Entraînant parfois trop de pensées parasites… L’activité physique en extérieur (même une simple marche) m’a alors permis de profiter pleinement du moment pour me recentrer, loin de distractions plus passives (internet, téléphone, etc.).

  1. Bonsoir,

    Très dur de faire un jeûne mais les bienfaits sont là. Dommage que vous n’ayez pas continué encore 2 jours 😉 Pour ma part je l’ai aussi fait 5 jours assisté par un cabinet thérapeutique reconnu et je pense que j’aurais pu enchainer encore une semaine de plus car je n’avais plus faim et aucune baisse d’énergie ne se faisait resentir au contraire j’étais en plein forme, très léger, clairvoyant, cependant je ne serais pas sortir courir 10km non plus… le plus dur pour moi n’a pas été de ne plus manger mais de meubler les moments de repas. On retrouve vite 2 ou 3 ans en plus de libre dans sa journée et c’est déroutant, ne plus avoir ces rituels et ces 3 pauses repas et perturbant.

    Cette année j’ai fait 2 jours de jeune brut en coupant d’un coup mon alimentation normal la veille et en la réintroduisant d’un coup aussi lors de la reprise des repas avec pour résultat aucun trouble majeur, juste le regret de ne pas avoir attendu de passer le cap des 3 jours !

    Merci pour cet article

    Salutations

    Edouard Coste

    • Bonsoir Edouard, merci pour ce message et le partage de votre expérience.
      C’est vrai que c’est dommage pour moi d’avoir arrêté dès le cap des 3 jours… mais étant totalement débutant, j’ai préféré commencer tout doucement ? La prochaine fois je pense que je tenterai les 5 jours comme vous l’avez fait !

      A bientôt
      Ziad

  2. Bonsoir
    J’ai fais un jeûne de 8 jours et le lendemain une prise de sang de contrôle .
    Dans l’ensemble les analyses se sont améliorés sauf l’Acide Urique qui est passée a 148 mg/L
    Connaissez vous ce problème et auriez vous une explication ?

    Cordialement
    J-L Meyer

    • Bonjour Jean-Luc, désolé pour cette réponse tardive !

      Intuitivement, je dirais que le corps élimine d’avantage avec des fonctions hépatique et rénale accrues. D’où des urines plus foncées (et une plus grande teneur en acide urique) probablement…

      Néanmoins, je n’ai pas les connaissances scientifiques suffisantes pour répondre à cette question de manière précise et préfère m’abstenir pour ne pas vous induire en erreur 🙂 Un médecin spécialisé devrait être un meilleur interlocuteur à ce sujet.

      Bien à vous.
      Ziad

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